Mon beau sapin, roi des forêts...
Par Nussele, vendredi 1 décembre 2006 à 19:00 :: General :: #3 :: rss

D’abord, il faut passer la porte de chez soi… Humer cet air frais qui vous brûlerait presque les bronches tant il est cinglant en cette saison… Puis prendre la voiture (pour une fois, on a rarement le choix) pour descendre au marché chercher le sapin. Chercher le sapin, c’est ouvrir le premier cadeau de Noël pour certain, l’ouvrir c’est célébrer l’ouverture des festivités, c’est embaumer la maisonnée d’une odeur de fête. Pour ceux qui ont déjà eu l’occasion de le fêter à l’autre bout de la planète, rien ne pourrait remplacer « Mon beau sapin, Roi des forêts ». Dès le plus jeune âge, on m’apprend à le vénérer. Une fois au marché, il faut choisir… mais uniquement la hauteur… car la plupart sont déjà emballés d’un filet blanc… De retour dans la douce chaleur du foyer, les éléments sont réunis pour la première fête.
Prenez une poignée de bretzels, d’oranges séchés, de gâteaux secs, pains d’épices ou pâtes à sels en formes de cœurs, quelques bougies et les sourires d’une poignée d’enfants. Préparer un chocolat chaud (Van Hooten s’il vous plaît) auquel vous aurez ajouter quelques bâtons de cannelles et une pincée de muscade. Trouvez le socle pour le sapin, fixez-le dedans et la fête peut commencer. On déshabille le nouveau résident de son filet à l’aide de ciseaux de cuisine. Et là, il s’éveille, prend ses aises, déclare sa flamme. C’est là que l’on voit si le choix a définitivement été bon… Si les branches sont égales, l’ensemble harmonieux, si l’odeur de résine est intense. Si les épines sont grasses et tendres il durera… Puis à chacun de le parer à son goût de milles et une lumière et couleurs, tel une future jeune mariée… Les fiançailles dureront jusqu’à la fin janvier avant un funeste rituel : la mise sur le trottoir ou le bûcher… Funeste paie, contre un si intense bonheur apporté. Pour les plus sentimentals, le prendre en pot, l’arroser (et surtout ne pas oublier de l’arroser) semble une évidence… Pour les plus courageux, coupez le chauffage pour ne pas l'assécher...
Pour mémoire, nous avons tous dans le cœur, quelques sapins de notre enfance qui nous ont marqués. Pour moi, il y en a trois : 1. Le plus haut sapin. Il était dans une grange aménagée avec une large cheminée et un piano. C’était un ami forestier qui nous l’avait ramené, et peut-être que de ma petit taille (j’étais alors haute comme 3 pommes), je l’ai vu et le revois encore gigantesque, presque infini. Je me souviens de l’échelle et de mon père qui piquait le sommet d’une étoile. 2. Le second était chez mon parrain. Il y mettait toujours de vraies bougies qu’ils allumaient uniquement le soir de Noël. Rassurez-vous sa maison n’a jamais brûlé. Il ajoutait en plus de toutes les garnitures habituelles des bonbons (de type nounours en gommes et des oursons en chocolat). Le sapin devenait tentations culinaires. Je passais malicieusement à côté pour mettre dans mes coquines bas joues quelques douceurs. Il ne devait pas en restait grand-chose le soir de Noël. Il m’avoua bien plus tard, que son aînée finit par lui interdire cette pratique car elle craignait que les nounours en gomme ait la vache folle. 3. Le dernier sapin qui m’a marqué, ou plutôt devrais-je dire les derniers sapins qui m’ont marqués sont ceux de mes dernières années. Le destin m’a fait franchir en ces temps de l’année quelques modestes demeures où le sapin était fait de bri et de broc, et je dois avouer que quelques fois on tombe sur de petits miracles d’ingéniosité. Il y a d’abord le sapin « bouffe », fait comme je le recommande plus haut, sans plastique, uniquement avec des comestibles (bretzels, oranges, pains d’épices, …) éventuellement quelques rubans rouges. J’ai aussi vu un sapin fait avec des anneaux de rideaux en bois récupérés, des guirlandes de papiers.
Le sapin est bien une de nos vitrines, un peu comme la voiture que l’on arbore fièrement dans son quartier, le sapin est un peu de nous et de la fête que nous portons tous dans nos cœurs. Je vous souhaite un joli sapin pour ce Noël en tout cas.
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