Le même jour, le même journal, un autre mur cette fois : « les armées américaine et irakienne ont commencé, mardi 15 août, à construire un mur encerclant Al-Dora, un quartier sud de Bagdad. Des soldats ont posé des barrières de béton préfabriquées afin d'"empêcher les terroristes d'entrer", selon l'armée américaine ». Il s’agit d’isoler apparemment une zone occupée en partie par de sunnites et de les protéger d’attaques des milices chiites. La nouvelle stratégie des américains consiste à revoir l’urbanisme de la ville en divisant les communautés par quartier alors qu’auparavant elles cohabitaient. Drôle de méthode pour favoriser une cohésion sociale, améliorer les rapports inter-communautaires… « Nous allons nous concentrer sur les frontières confessionnelles, aller dans ces secteurs, les nettoyer, installer les forces de sécurité, apporter de l'aide économique et travailler avec les leaders locaux afin que les gens se sentent en confiance », a expliqué le commandant de la Force multinationale, le général américain George Casey.

Un peu plus à l’ouest de Bagdad un autre mur, bien plus grand, bien plus long. Une nouvelle muraille de Chine, cache misère, censé protéger là aussi de l’ennemi : le mur d’Israël. J’avais dit à une personne de mon entourage quelques mois plus tôt, que lorsque les relations sont aussi tendues, il n’y a plus qu’à mettre un mur. Mais jamais je n’aurais pensé en entendre parler quelques mois plus tard.

Beaucoup plus à l’Ouest, le Congrès américain vient d’approuver la construction d’un nouveau mur de 1120 kilomètres le long de la frontière mexicaine.

Lorsque le Mur de Berlin fut construit en 1961, on s’insurgea. Aujourd’hui, rien. Où sont passés les diplomates, les négociateurs, les élus, qui ne laissent place qu’aux des promoteurs et des bétonneurs pour répondre à une crise politique. En érigeant des murs, on construit son ennemi.

Ce que j’espère le plus, c’est qu’un jour, comme devant le mur de Berlin, un soir de 1989, des gens voudront voir à quoi ressemble leur voisin, qu’ils se mettront ensemble à table pour discuter de lendemains.